Des cerisiers pourpres au clair de lune

Comme je l’avais annoncé précédemment, parce que la procrastination c’est mal à force (et aussi parce que nyo allait me tuer si je repoussais encore la deadline), je me suis enfin décidée (non sans mal, il est vrai) à rédiger un article. Voici donc enfin un billet qui miraculeusement fait plus de 2 lignes. Cette fois-ci je ne vais pas vous parler de Pokemon (bien que, vous vous en doutez, ce n’est pas l’envie qui manque) mais de la série Gintama et plus particulièrement du film, vu qu’il s’agit là aussi d’une franchise que j’apprécie tout particulièrement, et qui à mon sens mérite beaucoup plus d’attention que celle qui lui est actuellement accordée au sein de la communauté otaku française. Car contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’un shounen générique et banal.

<message subliminal> Regardez/Lisez Gintama, c’est bien! </message subliminal>

Bon les cerisiers sont pas vraiment pourpres mais on fera avec.

Vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai choisi de parler du film plutôt que de la série. En premier lieu car il peut, je pense, constituer une bonne introduction à la série pour les non-initiés. Il peut, en effet, être visionné en stand-alone sans aucun problème vu qu’il adapte un arc complet et se suffit donc à lui-même. Quelques points pourraient cependant rester obscurs aux personnes qui n’auraient pas vu la série TV, comme les motivations de certains personnages ou les relations qu’ils entretiennent entre eux, mais rien qui puisse vraiment gêner la compréhension globale de l’histoire (Et si ça peut inciter les gens a visionner la série après coup, c’est pas plus mal, n’est-ce pas?). De plus, le film est aussi très représentatif de ce qu’est Gintama et on y retrouve tous les éléments qui font le succès de la série, à savoir quelques scènes d’actions, de l’humour totalement décalé virant très souvent sur la parodie et ce mélange plutôt étrange mais tellement savoureux de science-fiction et éléments historiques japonais. Je pense donc que toute personne appréciant un temps soit peu le visionnage du film, peut être tentée par la suite de donner sa chance à la série, avec la quasi certitude de ne plus être capable de s’en décrocher. Et comme mon but est d’essayer de promouvoir la série, ça tombe très bien.
Et plutôt que de continuer à me justifier sur le pourquoi et comment j’ai choisi ce sujet, je vais simplement passer à la suite, parce que nous sommes chez les nyozis ici, donc j’écris au sujet de ce que je veux, d’abord.

Pour la petite présentation, le film, Gekijouban Gintama: Shinyaku Benizakura-hen” de son titre original (Gintama le film: une nouvelle version de l’arc Benizakura), a été diffusé au printemps 2010 dans les salles obscures nippones suite à l’arrêt de la série (Arrêt qui a d’ailleurs été momentané vu que la diffusion a repris en cette belle saison du printemps 2011, et ce bien évidemment pour mon plus grand plaisir). Tout comme la série télévisée, le film est bien sûr réalisé par le studio Sunrise, et dirigé par Takamatsu Shinji. Il ne s’agit pas d’une histoire originale mais comme je l’ai dit plus haut du remake d’un certain arc de la série TV, à savoir l’arc du Benizakura (D’où les cerisiers pourpres dans le titre du billet *subtilité* Les japonisants comprendront, les autres iront chercher un dictionnaire.), et le film reprend donc la trame des épisodes 58 à 61 de la série télévisée (ou chapitres 89 à 97 du manga pour les lecteurs de la version papier).

En voila du beau monde n’est-ce pas?

Avant de m’attarder plus en détail sur le film en lui même, je pense qu’il peut être bon de poser un peu les bases générales de l’univers dans lequel se déroule Gintama pour ceux qui ne seraient pas familiarisés avec la série. Celle-ci se déroule donc dans un univers alternatif pendant l’époque d’Edo (période de l’histoire japonaise s’étendant de 1600 à 1868. Pour plus d’information, -> google ou -> wikipedia sont vos amis parce que je suis pas là pour faire un cours d’histoire). Des aliens, les Amanto, débarquent sur Terre et tentent d’envahir le pays. Malgré la lutte acharnée des samurai afin d’empêcher la prise de pouvoir de ces envahisseurs, la ville d’Edo (Tokyo de nos jours) sera finalement conquise et un ban du port de l’épée sera instauré, réduisant ainsi le pouvoir des samurai à néant. Dans ce monde désormais dirigé par les Amanto, Sakata Gintoki, ex-samurai ayant combattu durant la guerre contre les Amanto, travaille désormais en tant que freelancer comme ”homme à tout faire” sous le nom de Yorozuya Gin-chan, accompagné de ses amis Shimura Shinpachi et Kagura. Outre le trio principal, bon nombre de personnages hauts en couleurs apparaissent régulièrement tout au long de la série, comme Katsura Koutarou, chef des factions rebelles anti-Amanto (Que l’ami Tetho va beaucoup apprécier vu qu’il est doublé par Ishida Akira… *Okay, je sors… –>*) et sa fidèle Elisabeth, les membres du Shinsengumi: Kondo Isao, Hijikata Toushirou et Okita Sougo, la kunoichi Sarutobi Ayame et bien d’autres encore. Il est bien évident que je ne suis pas en mesure de détailler ici tout le cast en détail, celui-ci étant en effet assez conséquent mais les informations que j’ai distillé ci-dessus devrait permettre d’y voir un peu plus clair, je l’espère.

Comme je l’ai annoncé précédemment, le film reprend donc l’intrigue de l’arc du Benizakura dont je vais détailler les grandes lignes. Gintoki se voit ici confier pour mission par son client, un forgeron, de retrouver au plus vite un katana forgé autrefois par son père portant le nom de ”Benizakura”, qui aurait été dérobé. Il s’avère cependant que le Benizakura est une arme dangereuse. Le katana en question serait en effet maudit, et capable de posséder et consumer l’âme de son utilisateur. Dans le même temps, se produit en ville une série de meurtres en séries qui semblerait être le fait du porteur du Benizakura. Les membres du Yorozuya partent donc à la recherche du responsable de ces attaques. Cet arc introduit un personnage antagoniste majeur de l’histoire à savoir Takasugi Shinsuke et la faction rebelle qu’il dirige: le Kiheitai. Takasugi est un ex-compagnon de Gintoki, ayant combattu à ces côtés lors de la guerre contre les Amanto. Cependant, il arbore une haine sans fin contre le monde tel qu’il devenu suite à l’invasion des Amanto. Plutôt que de tenter de sauver le pays qu’il considère comme désormais perverti et irrécupérable, il opère ainsi pour la destruction totale de celui-ci. Les incidents récents impliquant le Benizakura étant, bien évidemment, liés aux actions de Takasugi, il suffira de peu de temps pour que Gintoki se retrouve face à son ancien camarade. Je ne vais pas détailler plus sinon je risque fortement de spoiler, et ce n’est pas vraiment le but de l’article. Mais je pense avoir pu donner une idée générale de l’intrigue principale du film.

Takasugi (à droite) et les membres du Kiheitai

Le film étant le remake d’une partie de la série, il ne faut pas s’attendre à ce que celui-ci diffère drastiquement des épisodes diffusés sur le petit écran. La trame et le déroulement de l’histoire sont en tout point identique à ce qu’il était possible de voir dans la série. Les changements majeurs se situent surtout au niveau visuel de la production, qui a bénéficié d’une amélioration graphique non négligeable. Bon nombre de plans ont en effet été entièrement redessinés pour l’occasion, avec en bonus pour certaines scènes un lot de changements non négligeables au niveau de la mise en scène, et ce de manière positive bien sûr. Certaines scènes sont même complètement inédites et la durée des quelques scènes de combats a été grandement rallongée par rapport à la série TV. L’animation lors de ces scènes est fluide et dynamique (avec une mention spéciale à la scène finale que je trouve tout bonnement géniale).
Côté son, rien de bien nouveau, on a le droit aux pistes habituellement présentes dans la version télévisée (les habitués de la série ne seront donc pas dépaysés). On notera toutefois l’ajout, lors de la scène finale, d’un insert song intitulé ”Bakuchi Dancer” [--> youtube] du groupe DOES, qui avait déjà composé le 5ème opening de la série TV, qui est ma foi fort sympathique et qui de surcroit contribue grandement au ressenti très dynamique de la scène en question. L’ending theme, toujours composé par DOES et intitulé ”Bokutachi no Kisetsu” [--> youtube], est, je trouve, lui aussi plutôt bon, bien que beaucoup moins entrainant que Bakuchi dancer.

En terme de bonus, en début et fin de film, on notera bien évidemment la présence de ces éternelles scènes dont le concept est cher à Gintama: J’ai nommé les discussions entre personnages avec abattement du 4ème mur, où on pourra entre autre assister à leur débats pour décider du thème du prochain film à venir. Ces petites scènes sont vraiment très représentatives de ce qu’on peut trouver dans les épisodes de la série télévisée en terme d’humour et de parodie.

On a la classe ou on ne l’a pas

En conclusion, le film constitue un excellent remake de l’arc du Benizakura (qui est un arc assez emblématique de la série, il faut le souligner), et je ne peux que conseiller son visionnage que ce soit aux personnes déjà fans de la série (qui sauront apprécier les améliorations visuelles et les quelques scènes inédites, en dépit de l’aspect recap et du manque de contenu réellement nouveau), mais aussi aux non-initiés qui souhaiteraient découvrir Gintama. Le film présente en effet un ton un peu plus sérieux que la série, le rendant ainsi plus accessible, sans toutefois trahir l’esprit général de la franchise car on y retrouve également cet humour plutôt décalé et parfois même très étrange qui fait de Gintama une série à part, que l’on pourra de qualifier de ”hit or miss”. En clair, Gintama: on adore ou on déteste. Et dans mon cas, c’est un ”huge hit”.

And that’s all folks~

En espérant que j’aurais réussi à captiver l’intérêt et pu inciter quelques personnes à visionner ce film, voire même la série.


PS: Petite parenthèse HS: Suite à mon précédent “billet” (si je peux le qualifier ainsi), il est apparu clair que bon nombre de gens n’ont décidemment aucun gôut. Je veux dire, sérieusement, comment peut-on préférer le starter plante de pokemon BW et son regard méprisant à un Moustillon tout ce qu’il y a de plus mignon. Le mystère demeure complet pour moi. Mais bon, je vous aime quand même~

PPS: Excuse my French.

10 thoughts on “Des cerisiers pourpres au clair de lune

  1. Je comprend pas la blague :(.

    Bon par contre, pourquoi pas. Gintama j’ai vu que les deux premiers et j’ai pas trop aimé. Ceci dit les gens disent en général qu’ils sont pas terrible donc je continuerais surement à l’occasion. Mais un p’tit film avec du fight, nous n’allons pas nous en plaindre.

  2. Allez plutôt acheter le manga chez Kana, le délai entre chaque volume devient de plus en plus long alors qu’on a une vingtaine de tomes de retard par rapport au Japon :(

  3. Merci pour l’article. Je ne peux qu’appuyer la recommandation pour ce série absolument géniale. A savoir, tout le monde à que je l’ai jamais conseillée s’est mis à la dévorer à toute vitesse, et elle s’est répandue sur le forum comme une traînée de poudre. Il ne faut pas la juger sur les deux premiers épisodes, mais avoir le courage d’en fait 7-8 afin de s’imprégner de l’humour. D’ailleurs sous sous des dehors pas toujours très fins, c’est un humour très intelligent qui mange à tous les râteliers (parodie, absurde, répétition, pipi-caca…) et qui manque rarement sa cible.

  4. Alors Gintama, c’est pas compliqué : j’ai tenu les 5 premières minutes du premier épisode… Mais comme je me demande encore pourquoi ça marche, je vais peut-être tester ce film.

  5. Oh, Gintama. Ca fait toujours plaisir de voir des gens en parler :)
    Gintama c’est bien même si oui, les premiers épisodes sont assez mauvais et m’avaient laissée… Dubitative à l’époque. Mais s’accrocher paye largement avec cette série.
    Je n’ai pas encore maté le film, tu me rappelles son existence, là.

    Sinon, je me demande s’il est vraiment bon d’attaquer la série comme ça, même si elle est épisodique, certains gags ne deviennent drôles qu’avec l’effet de répétition (Zura janai !) et tout le fun vient du fait qu’on apprend à connaitre progressivement les personnages (d’ailleurs, qu’est ce que Kamui vient faire ici ??)
    De même cette partie de l’histoire fonctionne correctement dans la série justement parce qu’on s’est payé avant des tonnes d’épisodes beaucoup plus légers et que d’un seul coup on se prend un truc SERIOUS BUSINESS dans la tronche. C’est pour ça que je trouve que les épisodes post-centaine marchent moins bien d’ailleurs, les arcs “sérieux” s’enchainent trop vite à mon goût.

  6. Je confirme, il ne faut surtout pas regarder le film en premier. Déjà très simplement pare qu’il se base sur des personnages qui ont tous été introduits des d’autres épisodes.

    Et le début de la série est effectivement faiblard, mais surtout parce que c’est très frileux et ça doit être la même chose avec le support d’origine (c’est du Shonen Jump). La série s’améliore franchement de saison en saison, et même les fillers ne font pas exception. Les deux premiers épisodes ne sont pas géniaux (en sachant que l’épisode qui adapte le premier chapitre du manga, c’est le troisième, vous pouvez sauter les deux premiers sans rien louper) mais la série ne vole pas du tout sa place dans le classement du Jump. Et faut au moins voir l’épisode 25, il est tellement énorme.

    Si cette série ne reste pas dans les mémoires, je veux bien m’acheter un chapeau juste pour pouvoir le manger.

  7. @Rhyvia et @Katua: Il est certes vrai que seule une personne déjà familiarisée avec la série pourra noter toutes les petites références aux gags récurrents, et apprécier l’évolution des relations entre certains personnages, mais je maintiens que le film peut quand même être visionné en stand-alone.
    Je l’ai d’ailleurs montré à un ami qui ne connaissait pas la série et qui l’a bien apprécié. Ceci l’ayant ensuite incité à se mettre à regarder la série TV, pour justement découvrir plus en détail ces personnages qu’il avait pu apercevoir dans le film et comprendre mieux leurs motivations.
    Le film dure approximativement 1h30 si je ne me trompe pas, ce qui fait que ça se regarde facilement, et demande moins de “courage” que de se lancer dans le visionnage d’une série complète de 200+ épisodes que l’on est pas sûr d’apprécier au final (surtout que je confirme que les premiers épisodes de la série TV sont loins d’être les meilleurs). Au moins ici, en 1h30, on se donne une idée générale de la chose et on peut à mon sens voir tout de suite si on aimera ou non la série.
    M’enfin comme je l’ai déjà dit, ceci n’est qu’un avis personnel.

    (Sinon pour la présence de Kamui dans le film, ce sont juste des petits cameos de quelques minutes, je pense que c’est avant tout un clin d’oeil destiné aux fans)

  8. Moi aussi je serais plutôt contre montrer ce film pour entamer la série. Alors ce que tu dis est vrai, mais en même temps le Benizakura hen c’est un gros concentré de fanservice, qu’on ferait bien de découvrir avec le fil de la série. Comme la plupart des arcs sérieux de Gintama d’ailleurs. A coté y’a des tas d’épisodes qu’on pourrait présenter pour donner envie au neophyte de s’intéresser a Gintama et j’pense qu’il faudrait plutôt tenter ça.

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