Avant-propos : ce billet fait partie des 5 récupérables post-problème d’hébergeur, malheureusement les précédents ne fournissaient qu’un extrait, il m’étaient donc impossible à récuperer.

Salutations, je suis Smankh, fidèle lecteur depuis quelques années maintenant de la blogosphère française etinternationale, je saute enfin la marche et rejoins mes idoles de toujours. Otaku dans l’âme, j’aime l’iyashikei, la romance et le nekketsu ce qui inclut forcément Hidamari Sketch, ARIA, Love Hina et Genshiken.

La vitesse de libération terrestre ou deuxième vitesse cosmique est de l’ordre de 11.2km/s

En ce jour de répit pour le petit préparationnel que je suis, plusieurs éléments de ma vie reviennent au premier plan. L’article de zratul puis celui de nyo m’ont rappelé à quel point la dernière œuvre de Shinkai avait une place importante dans mon système de représentations. En effet Byousoku 5 cm, ce triptyque émouvant qui représente avec une extrême justesse et une profonde poésie le sentiment de la distance a été un des déclics qui ont changé l’image que j’avais créée de ma propre personne.

En tant qu’otaku, j’ai toujours ressenti un amour profond, éternel, même obsédant pour les objets de ma passion. Mais ce sentiment de constance, de stabilité, je ne le retrouvais que très rarement dans la vie. Les amis qui s’éloignent, les amours qui se perdent, je me suis retrouvé volontairement seul, désirant m’éloigner de ces sources de tristesse que sont les relations humaines. Takaki, enfermé dans son amour pour son amie d’enfance, si proche de lui par essence, ne trouve que le désespoir quand il confronte la réalité de leur distance à son sentiment le plus profond. De même, j’ai construit la plupart de mes relations comme des piliers de ma vie, constantes immuables, mais le réel rattrapant mes idéaux, j’ai souffert.

Cette souffrance, Makoto Shinkai la retranscrit parfaitement. Comme à son habitude les personnages, volontairement simples dans leur stylisation, se détachent des paysages, eux, peints dans un mélange subtil d’objectivité photographique et de poésie visuelle. Et cette opposition est au centre des trois parties du film. La pureté du design des protagonistes résonne avec celle de leur amour, idéal, impossible tandis que la subtilité et la complexité de l’atmosphère que dégage leur environnement réaliste incarnent un monde privatif mais si vaste.

Dans Cosmonaut, on pourrait croire que Takaki a enfin trouvé le fil conducteur de son existence, cette fois-ci, sans faire l’erreur de choisir son but dans un idéal inaccessible ; mais c’est l’espace, thème récurrent chez Shinkai, qui sera la passion du héros. Encore une fois, ce n’est que la représentation de son amour pour Akari (ai-je mentionné mon amour pour ce prénom ? Et bien, je le fais). La distance écrasante qui sépare la Terre des autres astres est la même que celle qui torture le jeune homme. L’espace est donc cette distance que peint Shinkai, car le temps n’a que peu d’importance dans les sentiments, thèse que le réalisateur avait démontrée dans Hoshi no Koe.

Toutefois, dans cette chain of short stories about their distance, un personnage cependant semble sortir de l’équation. Si Akari réussit à transformer cette relation en un souvenir puissant qui lui permet de continuer à vivre, Kanae, en effet, est l’étrangère. Elle est subjuguée par la puissance du sentiment du jeune lycéen, chose qu’elle ne comprendra qu’après être réellement tombée amoureuse. Cette jeune fille très banale, sans but dans la vie, est le personnage qui m’a le plus marqué. En effet, elle représente mon univers quotidien, étranger à mes pensées, la plupart du temps intrigué ou repoussé par mon obsession mais aussi, de façon exceptionnelle, émerveillé par cette dévotion, cet amour, cette foi même qui est devenue l’essence de ma vie.

Que comprend celui qui me voit pleurer en écoutant la bande-son de ce film ? Qu’entend-il quand j’essaye de lui faire ressentir ce que Tenmon a provoqué en moi en composant Sora to Umi no Shi (空と海の詩) ? C’est ce qu’apporte Kanae, personnage central de la deuxième partie de l’histoire, qui explicite la pensée des personnes en dehors de ce sentiment puissant qu’est l’amour, que dis-je, la passion. La différence se trouve à ce niveau-là, ceux qui vivent autour d’une passion mais qui vivent par elle, et ceux, plus libres, qui peuvent vivre sans. Mais ces personnes comprennent-elles alors la signification de ce mot que nous scandons volontiers pour nous rassembler ? Je pense nyo, que d’avoir ressenti les mêmes sentiments que Takaki n’est pas nécessaire pour apprécier Byousoku 5 cm, mais il faut avoir ressenti cette passion qui fait de nous ce que nous sommes. Toutefois, l’inclusion du personnage de Kanae rend possible non seulement la compréhension de notre différence essentielle mais aussi l’identification à ce personnage, si humain, mais si différent de notre monde.

Makoto Shinkai, transmet non seulement la mélancolie et le désespoir que connaît celui qui préfère l’idéal rêvé à la réalité mais insiste de plus sur la différence profonde qui existe entre les humains. La passion amoureuse de Takaki est éternelle, comme pour tous les héros masculins du réalisateur, mais cette force ne pourra développer son véritable potentiel, en l’absence de son objet. Akari réussit, elle, à se défaire de ce sentiment destructeur pour le transformer en un élément fondateur de sa vie, c’est en somme, ce que le héros et nous-mêmes n’arriveront jamais à faire.

J’espère que la lecture de ce premier billet vous a été agréable, j’essaierai pour les éventuels billets futurs de m’améliorer au niveau du style et du plan, et peut être d’ajouter quelque inside jokes ?

NB : cet article est volontairement incomplet et ne traite que des parties que j’ai jugé pertinentes d’être ajoutées à la discussion, la dernière partie du film, au nom éponyme, n’est donc pas traitée, même si elle est à mon sens l’élément le plus important du message de Shinkai.

PS : bon SAD à tous, même si ce post est publié le 15 février. La mise en page est pas terrible, parce que je découvre WordPress, vous m’excuserez bien sur ce point là ?

PS 2 : Un grand merci à nyo, qui a rendu tout cela possible. L’appel à la PASSION avait résonné au plus profond de mon être mais il fallait la présence d’un deuxième adepte du “slow blogging” pour me motiver. Merci encore.

Preview : “Gendai Shikaku Bunka Kenkyuukai”

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